Premier ouvrage du journaliste Alaa Essam, “Des trous dans le mur des partis égyptiens”

Soha Gafaar Mercredi 30 Octobre 2019-15:50:52 Chronique et Analyse
Premier ouvrage du journaliste Alaa Essam
Premier ouvrage du journaliste Alaa Essam

 

"Les partis sont absents de l’esprit du citoyen depuis de nombreuses années, malgré leur multitude et leur nombre estimé à plus de 85 partis officiels reconnus par le Comité des partis. Mais il est honnête et objectif de se rendre compte que de nombreux facteurs sont à l’origine de cette situation et je crois que la responsabilité est partagée entre les partis et le pouvoir pendant les ères précédentes. Ce qui m’a poussé à aborder ce thème est ma croyance que l’alternance au pouvoir et le multipartisme dans la démocratie politique est le seul moyen d’assurer la stabilité et le développement de l’Etat.

Les partis sont également le lien entre le pouvoir et le peuple, ils sont les véritables défenseurs pour absorber la colère des citoyens et leurs dirigeants ont la seule mission de réaliser les rêves et les aspirations de notre peuple sans exposer l’Etat à n’importe quel danger”.

Par ces mots, l’écrivain Alaa Essam, membre du parti Tagammu, a expliqué dans l’introduction de son livre intitulé “Des trous dans le mur des partis égyptiens” les raisons qui l’ont amené à analyser les crises vécues par le parti.

Ainsi dans son introduction, l’auteur a expliqué les raisons qui ont provoqué le déclin des partis et le bouleversement de leur image dans l’esprit des citoyens, devenus méfiants à l’égard des partis qui sont pourtant censés être le lien entre le pouvoir et le citoyen.

Le style de l’auteur est “simple et clair” selon les termes utilisés par Dr Ali Eddine Hilal, professeur de science politique, et qui a écrit la préface du livre.

Dans le premier chapitre de l’ouvrage, intitulé “Crise culturelle”, l’auteur a souligné que l’analphabétisme est l’une des raisons pour lesquelles les citoyens n’interagissent pas avec les partis car une grande partie d’entre eux ne comprennent ni les programmes politiques ni les rôles des partis.

L’écrivain a également appelé les parties à dialoguer avec le pouvoir et le gouvernement pour diffuser la pensée moderniste dans les programmes d’enseignement et dans la société par le biais des médias, des arts et de la culture, de manière à ce que l’individu puisse évaluer les choses de manière critique et connaisse davantage.

Dans ce cas, les gens seront capables de faire confiance aux partis et à leur rôle dans le contrôle, la législation et la politique. “L’opinion de l’auteur est la même que celle des pères de la pensée libérale en Egypte”, a relevé Dr Ali Eddine Hilal dans son commentaire concernant le premier chapitre.

L’auteur a souligné que les partis souffrent d’une crise financière majeure qui les empêche de financer les élections ou leurs diverses activités.

Comme solution à cette crise, il a appelé à une modification de la loi des partis afin de leur permettre d’exercer une activité économique à côté de leur travail politique, mais toujours sous contrôle.

Il a aussi appelé l’Etat à soutenir financièrement les partis selon leur représentation parlementaire.

Il a également souligné la nécessité de réformer le système des médias partisans, considérés comme un des principaux outils des partis pour atteindre les citoyens, discuter de leurs problèmes et surveiller le gouvernement en même temps.

Alaa Essam a ajouté que le recul de la presse écrite a laissé ses impacts sur la presse partisane et l’a transformée en presse sans influence sur le citoyen.

“Les partis ne sont pas capables de cheminer avec l’actualité et de créer des canaux médiatiques influents, et ce en raison de leur faible capacité financière”.

L’auteur a souligné que la nécessité de l’autocritique des partis et la mise en relief des fautes professionnelles de certains de leurs membres sont primordiales dans la réforme politique.

Il a explicitement critiqué les partis qui s’étaient alliés aux Frères musulmans lors des élections de 2011, tels que le parti “El-Karama” (La Dignité) dirigé par Hamdine Sabahi, et il leur a demandé de présenter des excuses au peuple et de ne plus s’allier à l’avenir avec les partis religieux.

En neuf chapitres, l’auteur a passé en revue tous les problèmes rencontrés par les partis et a rapidement présenté des solutions. Il a ainsi exposé le rôle des Frères dans la destruction des syndicats en les exploitant à des fins politiques très éloignées du but pour lequel ils ont été fondés.

Enfin, l’auteur juge que la Coordination des Jeunes des Partis et des hommes politiques, qui se compose de 25 partis politiques et de plusieurs jeunes politiques, constitue l’espoir de voir se développer une vraie vie partisane. Il suggère à la Coordination à cet égard d’ouvrir un véritable dialogue au sein de la société sur la réforme de la vie partisane et l’émergence de cadres politiques capables de diriger la société à l’avenir.

 

"L'enfant et ka peur d'apprendre" par Serge Boimare

Quelle force mystérieuse peut pousser des enfants intelligents et curieux à ne pas mettre en œuvre les moyens dont ils disposent dans le cadre scolaire ?

Au-delà d’une mise en cause du système et des méthodes pédagogiques, on s’aperçoit que c’est la situation d’apprentissage elle-même qui déclenche des peurs perturbant l’organisation intellectuelle.

La confrontation avec la règle et l’autorité, la rencontre avec le doute et la solitude, inhérentes à la démarche pour apprendre et penser, réveillent alors une inquiétude trop profonde, contre laquelle il est illusoire de vouloir lutter avec les outils pédagogiques ordinaires.

C’est ici que le nourrissage culturel devient indispensable pour remettre en route la machine à penser de ceux qui ont peur d’apprendre.

Dans son introduction, l’auteur écrit :

“Chaque année, 15% de jeunes gens, aussi curieux et aussi intelligents que les autres, sortent de notre école sans maîtriser les savoirs de base.

Quelles raisons mystérieuses les ont poussés à se tenir en dehors de connaissances et de compétences qui étaient pourtant largement à leur portée?

Pourquoi les professeurs qui les ont accompagnés n’ont-ils pas réussi à rompre cet enchaînement d’oppositions, d’échecs, de décrochages et de souffrances qui ont émaillé leurs années de scolarité?

La réponse que je tente de donner tout au long de ce livre est simple, elle me paraît même évidente après quarante-cinq années de fréquentation des réfractaires aux savoirs que propose l’école : ces enfants ont peur d’apprendre. Ils ont peur d’apprendre car ils n’ont pas les compétences psychiques requises pour supporter les contraintes de l’apprentissage.”

La troisième édition de cet ouvrage comporte alors un nouveau chapitre qui résume les propositions pédagogiques faites par Serge Boimare pour espérer une école de la réussite pour tous.

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